Guide de Bali : Survol de Bali

<p>Rizières de l'île de Bali.</p>

Rizières de l'île de Bali.

Géographie

Appartenant à l'archipel indonésien, Bali se situe à 8° en dessous de la ligne de l'équateur et représente la dernière île de la Sonde avant Nusa Tenggara. C'est l'une des plus petites des 15 000 îles indonésiennes. La chaîne volcanique s'étend d'est en ouest et demeure très active avec deux grands volcans, le Gunung Agung (3 142 mètres) et le Gunung Batur (1 717 mètres) qui dominent le nord-est de l'île de Bali. Cette activité volcanique a permis une grande fertilité.
Mais les éruptions meurtrières du Batur et du Gunung Agung en 1963 ont aussi dévasté les régions situées à l'est et ont contraint de nombreux Balinais à émigrer dans d'autres régions d'Indonésie. Les principaux autres sommets de l'île sont le Batukau (2 278 mètres) et l'Abang (2 152 mètres). Cette chaîne montagneuse et volcanique méridionale, équilibrée par un grand plateau calcaire, qu'on appelle la " bukit " (colline), divise Bali en deux régions fort distinctes. La partie nord, réduite à une bande côtière assez étroite, s'élève assez rapidement vers les flancs montagneux et présente un climat sec propice à la culture du café. Ce versant ne connaît que deux rivières qui irriguent deux périmètres de rizières, une autour de Singaraja et l'autre autour de Seririt. En revanche, la partie sud, qui s'étend du nord au sud par paliers successifs, se prête merveilleusement à la culture du riz en terrasses.
Les rivières, nombreuses, ont construit des gorges où viennent s'arrêter les terrasses qui laissent bientôt surgir la végétation naturelle et luxuriante. Le Sud-Ouest apparaît comme une suite de langues de terre irriguées et de champs secs d'où jaillissent des plantations de cocotiers. Quant au Sud-Est, l'éruption du Gunung Agung (1963-1964) en a tellement bouleversé le paysage que la région de Karangasem, autrefois l'une des plus riches de Bali, a laissé place à un paysage fantasmagorique, meurtri par de gros débris volcaniques. L'ouest de Bali, peu connu des touristes, abrite à la fois des zones arides et des forêts développées sur des reliefs accidentés. Cette partie de l'île mérite l'attention tout particulièrement pour ses cultures originales de girofliers et de café, l'unique parc national de l'île, mais également son littoral offrant d'excellents spots pour les surfeurs chevronnés. A l'est, les pentes du volcan Seraja ont permis l'émergence de prairies et de cultures sèches. Quant à la péninsule de Bukit et l'île de Nusa Penida, aux reliefs calcaires, les terres y permettent la croissance de kapokiers et de buissons de type presque méditerranéen.
Les plages sont généralement de sable noir volcanique, excepté dans le sud de l'île (Kuta-Legian-Seminyak et la péninsule de Bukit) et le Nord (Lovina). On a coutume de dire que Bali est une île volcanique entièrement vouée à la culture des rizières en terrasse. Rien n'est moins vrai. Les terres irriguées ne représentent que 15 % de l'ensemble des terres alors que les terres de cultures sèches s'évaluent maintenant à environ 50 %.

Climat

L'île est, comme partout en Asie, soumise au régime des moussons : sèche d'avril à octobre, humide de novembre à février. La saison humide est dominée par des vents venant du nord-est et la mousson sèche par des vents du sud-est. La température moyenne est de 26 °C et le taux d'humidité en saison humide peut atteindre pratiquement 95 % alors que la moyenne dans l'année reste autour de 75 %. Bali est une île montagneuse, ce qui implique d'importantes variations de température en fonction de l'altitude. Le mois de février est considéré comme le plus chaud tandis que le mois de juillet demeure le plus frais.
Dans l'Ouest et le Sud, on peut atteindre presque 150 jours de pluie par an. Dans le Nord, plus sec, environ 50 à 80 jours. Les pluies sont rarement longues. Elles arrivent en fin d'après-midi et peuvent durer quelques heures. Mais à Bali, il est impossible de dresser un tableau précis des types de précipitation. On y a connu des saisons dites humides sans pluie avec des chaleurs infernales, et des mois d'août à Ubud avec des pluies quotidiennes et une petite laine. Le Sud, à partir de Denpasar, jouit d'un microclimat qui le met à l'abri des précipitations. Quant à la presqu'île (Bukit), la sécheresse en fait une terre désolée et vouée à la culture du kapokier. Nous sommes proches de la ligne de l'équateur, le jour se lève donc pratiquement à la même heure toute l'année. Le jour le plus court, fin juin, et le plus long, fin décembre, n'ont qu'une heure de différence. Grossièrement, le jour se lève à 6h et la nuit tombe vers 18h30.

Environnement – écologie

Jusque dans les années 1980, on pouvait dire sans craindre de se tromper que Bali était une île essentiellement agricole. A présent les choses commencent à changer dangereusement. La culture du riz en terrasses a permis à l'île, bon an mal an, de nourrir sa population grâce à un système ingénieux d'exploitation et de canalisation de l'eau. Il y avait d'un côté les volcans qui détruisaient les cultures par la lave et les cendres, mais cette même cendre, mélangée aux eaux de ruissellement, reformaient une boue pleine de sels minéraux propices à la fertilisation des terres. Un jeu d'équilibre s'était instauré entre les mauvaises années destructrices, avec leurs fléaux dus aux rats, aux insectes et à la sécheresse, et les autres années paisibles où l'on voyait les buffles tirer les araires et les récoltes déborder. La déforestation demeurait inéluctable puisque l'augmentation de la population impliquait chaque année la création de nouvelles rizières. Depuis les années 1950, l'amélioration des conditions sanitaires a entraîné une croissance démographique, elle même responsable de la dégradation de la qualité des sols à cause de l'apport d'engrais pour augmenter la productivité et subvenir à l'accroissement de la population. D'autre part, l'accroissement agricole a été paradoxalement étouffé par l'arrivée du tourisme de masse, qui a engendré un fort développement urbain.
Au fur et à mesure des besoins d'infrastructures touristiques, on asséchait les rizières pour construire hôtels, restaurants, boutiques, etc. En perdant une surface autrefois vouée à la riziculture, on mettait en péril le gain espéré d'abord. On a eu recours au " riz miracle " qui, à force d'engrais et de modification des volumes d'irrigation, a fait chuter la valeur nutritive du riz.

D'autre part, l'industrie manufacturière (vêtements) et du tourisme a vu se développer à une allure vertigineuse les nuisances dues à la pollution des métaux lourds directement rejetés dans les rivières et dans la mer. De récentes analyses mettent en évidence des chiffres préoccupants. La formidable progression du trafic automobile et des motos se révèle aussi une source de pollution directe : fumées, environnement, etc, notamment dans les lieux touristiques comme Kuta, Legian, Seminyak (les embouteillages y sont quotidiens) et Ubud. Quelques associations ont cependant pris conscience du problème environnemental à Bali. Parmi elles, l'ONG Wisnu est la plus ancienne et agit notamment pour le développement de l'écotourisme à Bali.
Les Balinais sont par ailleurs de plus en plus sensibles à la pollution de leur environnement, même si la plupart continuent de jeter leurs déchets plastiques dans la nature. A Ubud, certains hôtels et restaurants proposent de reremplir les bouteilles minérales en plastique pour éviter la multiplication des poubelles. A Pemuteran, sur la côte nord de Bali, l'écotourisme se développe doucement, avec le désir partagé des villageois et des hôteliers d'une harmonie avec la nature. Une barrière artificielle de corail, la première du genre à Bali, y a été recréée. En injectant des secousses électriques dans des cadres en métal immergés, on stimule la croissance du corail. Le procédé, déjà en place dans une vingtaine de pays, pèche certes par son prix, faramineux, et un usage possible uniquement sur des zones très réduites. Cependant, cela fonctionne et le corail de Pemuteran revit et abrite déjà une faune importante.

Parcs nationaux

Il n'y en a qu'un à Bali, le Taman Nasional Bali Barat (parc national de l'ouest de Bali), qui occupe la majeure partie de l'ouest de l'île sur une surface totale de 90 000 hectares dont 19 000 consacrés au parc, le reste étant une zone protégée. Le parc a été créé originellement pour protéger l'étourneau de Rothschild (leucopsar rothschildi), un oiseau endogène à l'île, en voie de disparition. Un centre d'élevage et de sauvegarde de cette espèce est présent dans le parc. Il est possible de randonner dans une zone réduite du parc national Bali Barat ou encore de pratiquer la plongée sous-marine ou le snorkeling sur l'île de Menjangan, qui appartient également au parc et dont les fonds sont les plus riches et les plus limpides de l'île.

Faune et flore
Faune
<p>Dans la forêt sacrée des singes.</p>

Dans la forêt sacrée des singes.

Bali est très peuplée et la majeure partie de la faune, hormis celle des fonds marins, est domestique ! Sa faune est typiquement indo-malaise et sur ses deux espèces endémiques (le tigre de Bali et l'étourneau de Rothschild), seule la seconde subsiste encore, et difficilement puisqu'elle est actuellement menacée d'extinction.

Espèces terrestres

Le buffle balinais est présent exclusivement pour les travaux des champs, et l'on n'en verra donc que peu. Le canard fait partie du paysage. Ils marchent debout, à la queue leu leu, suivant un homme ou un enfant muni d'un bambou coiffé d'un drapeau. On les utilise pour les offrandes et pour les repas de fête ou de cérémonie. Certaines recettes tout à fait savoureuses, comme le bebek tutu, font partie des mets les plus délicats. Les Balinais possèdent quasi tous une kyrielle de chiens qui, contrairement à l'impression qu'ils donnent, ne sont jamais errants. Preuve en est le grand nombre de petshops que l'on peut croiser un peu partout, en ville comme à la campagne. Pelés, galeux et postés à tous les deux mètres, les chiens semblent au moins aussi nombreux que les hommes. Parfois couchés au milieu de la route ou la traversant assez nonchalamment pour que l'on risque à tout moment de les écraser, ils demeurent, malgré leur apparence un peu effrayante, très calmes et quasi jamais agressifs. Il est cependant de bon ton d'éviter les rassemblements canins car c'est là que l'agressivité peut dégénérer en combat général.
Les cochons (babi), souvent de couleur noire, ont le dos creusé et le ventre pendant. Ils sont élevés également pour leur chair et pour la préparation des offrandes dans différentes cérémonies. Les poulets sont élevés pour leur chair ou pour les offrandes, mais les coqs constituent un domaine à part. Le Balinais l'élève pour les combats et il représente pour lui un animal doué de mille talents. Parfois même, le propriétaire parera son champion des couleurs les plus improbables en le teignant " pour le fun ".
Les singes, des macaques, sont omniprésents sur les deux îles où les forêts aux singes abondent, mais aussi dans de nombreux temples. Les vaches balinaises sont gracieuses et ont des yeux de biche. Leur chair est délicate et dans les restaurants, vous pourrez goûter aux délicieux steaks qui n'ont rien à envier aux viandes européennes. Les Balinais élèvent des vaches à viande pour les sacrifices ou pour les vendre, mais ils n'en consomment jamais en dehors des sacrifices, cet animal étant sacré chez les hindouistes. Dans le parc national de Bali Barat, on peut observer des singes noirs, des cerfs et des varans qui continuent à se reproduire en toute tranquillité. Le tigre de Bali, espèce endémique, a quant à lui disparu depuis longtemps !

Espèces marines

Les tortues formaient, il y a encore quelques années, un plat de choix pour les touristes. Bien qu'elles figurent encore dans les cérémonies balinaises sous forme de satay (notamment lors du limage de dents), elles ont disparu de la carte des restaurants. Il reste toutefois certains endroits où l'on peut acheter des boîtes, des peignes et des pinces à cheveux en écaille... A éviter ! Lors de sessions de plongée ou de snorkeling, on pourra admirer raies manta, requins (inoffensifs : pointe blanche, requins nourrices etc.), mola-mola, poissons crocodile, hippocampes pygmées, murènes, poissons empereur, barracudas, étoiles de mer et encore moult autres espèces.

Flore
<p>Des fleurs plus exotiques les unes que les autres.</p>

Des fleurs plus exotiques les unes que les autres.

La végétation

C'est surtout dans l'Ouest, dans le parc national de Bali Barat, que l'on trouve les plus anciennes variétés végétales. En fait, on peut distinguer quatre types de forêts : la forêt pluviale dite de plaine surtout à l'ouest, la forêt à feuilles caduques au nord-ouest dans des régions accidentées et difficiles à atteindre, la savane et la forêt dite de montagne.

La forêt pluviale de plaine est surtout présente dans le parc national de Bali Barat. Espèces rares, arbres énormes et faune préservée échappent au tourisme et à ses nuisances. On y trouve des ficus (figuiers ou banyans).

La forêt à feuilles caduques se trouve sur la côte nord-ouest avec notamment des sapotilliers.

La forêt de montagne, rarement en dessous de 1 500 m, abrite notamment casuarinas et filaos.

La savane est le royaume des palmiers lontar. Leur tronc est long et mince comme celui d'un cocotier et les feuilles sont concentrées au sommet en bouquets.

Les arbres

Les banyans (sorte de ficus géants) sont sacrés et l'on peut voir les Balinais les vêtir de tissus à damier noir et blanc. Leurs racines aériennes leur permettent de se développer à l'infini et de nourrir une faune importante (calaos, chauves-souris, singes et écureuils). Certains d'entre eux, plusieurs fois centenaires, font l'objet d'une profonde vénération dans toute l'île. Dans les temples, vous pourrez apprécier les troncs noueux des frangipaniers qui apportent les fleurs nécessaires aux offrandes.
Les bambous, de toutes tailles (certains peuvent atteindre trente à quarante centimètres de diamètre), poussent dans toute l'île et servent aussi bien à la construction de maison et la confection des meubles qu'à la taille des baguettes de satay, aux résonateurs des lames du gamelan comme aux lames mêmes de certains gamelans.
Les palmiers sont de plusieurs sortes :

Le palmier borasse (lontar), dont on utilise les feuilles après les avoir séchées et pressées pour les utiliser comme support d'écriture.

Les palmiers à sucre qui servent à composer les offrandes, ou à faire du feu dans les cuisines.

Les cocotiers, dont on utilise évidemment les noix pour en extraire la pulpe, l'écorce dans la production de nattes entre autres, et enfin les feuilles pour la fabrication des chapeaux, des paniers et des chaussures.

On trouve aussi d'autres arbres, comme le pangge baya ou l'ébène, plus rare, mais présent dans certaines régions. Le bois pule (prononcez " poulé ") qui est une sorte de balsa, extrêmement léger et qu'on utilise pour la sculpture des masques de danse.

Les fleurs

On trouve une multitude de fleurs plus exotiques les unes que les autres. Les Balinais raffolant des plantes, les rues de chaque village sont multicolores et embaument abondamment. On reconnaîtra facilement les hibiscus rouges, roses et blancs, les jasmins, les bougainvilliers, les lauriers roses et blancs, les nénuphars qui protègent les crapauds buffles, les lotus, les poinsettias et autres. Mais on découvrira avec ravissement les angsoka aux grappes rouges et orangées, les cempaka jaunes (magnolias) au parfum si enivrant, les frangipaniers roses ou jaunes au parfum acidulé, les manori et les centaines d'orchidées, du blanc capiteux au noir inquiétant. Bref, partout, dans les temples et les jardins, sur le bord des routes et dans les pépinières, les fleurs abondent. Souvent, en se promenant, on voit des lys grimpants, les sungsang, non loin de fleurs au parfum désagréable mais à la beauté fraîche, les lantana ou kerasi.

Les cultures

Bali et Lombok cultivent essentiellement le café, le tabac, le riz et les arbres fruitiers. Ces derniers offrent une variété et une quantités suffisantes pour nourrir toute la population de l'île : jackfruit, pastèque, banane, ananas, melon, pomme, mangue, papaye, goyave, salak, citron vert, etc., on n'a que l'embarras du choix. Les cocotiers, très largement employés pour la construction, les vêtements et la cuisine, forment un peu partout sur le territoire de larges ensembles de plantations, prétexte à de jolis clichés. Pour aller à la découverte des différentes espèces, une visite au jardin botanique de Bedugul fait partie des excursions de choix.

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